L'essentiel à retenir : Make.com (l'ex-Integromat) se connecte à GoHighLevel via une application officielle en OAuth 2.0. Tu y trouves des modules prêts à l'emploi pour les contacts, les opportunités, les tâches, les campagnes et les notes, un déclencheur « Watch events » qui écoute les événements du CRM, et un module « Make an API call » pour appeler n'importe quel point de l'API. C'est le pont visuel qui relie HighLevel à tout ce qu'il n'intègre pas nativement (Google Sheets, Notion, un logiciel métier), souvent pour moins cher que Zapier au volume. Mais avant de sortir vers Make, vérifie toujours si un workflow natif ou un simple webhook ne suffit pas.
GoHighLevel fait déjà énormément de choses tout seul. Ses workflows internes déclenchent des emails, des SMS, des tâches et des changements de pipeline sans le moindre outil tiers. Le problème arrive au moment précis où tu dois parler à un outil que HighLevel ne connaît pas : ton logiciel de facturation, une base Notion, un Google Sheets partagé, l'API d'un fournisseur. Là, il te faut un traducteur entre les applications. C'est le rôle de Make.
Make, et son app GoHighLevel officielle
Make est une plateforme d'automatisation no-code où tu construis des « scénarios » : une suite de modules reliés visuellement, chacun exécutant une action. Bonne nouvelle, tu n'as rien à coder pour l'accrocher à HighLevel. Make publie une application GoHighLevel officielle dans son catalogue (avec une variante « GoHighLevel LeadConnector »). Les deux se connectent en OAuth 2.0, la méthode d'authentification moderne de HighLevel, celle qui a remplacé les anciennes clés d'API v1.
Connecter Make à ton compte HighLevel
La connexion passe par l'API v2 et demande un petit réglage, une fois pour toutes. Dans le Developer Marketplace de HighLevel, quatre étapes suffisent :
- Crée une application : elle te fournit un Client ID et un Client Secret.
- Colle l'URL de redirection fournie par Make dans les réglages d'authentification de cette app.
- Choisis les scopes (contacts, opportunités, conversations… selon ce que ton scénario doit toucher).
- Autorise la connexion, et le tour est joué.
Deux niveaux d'autorisation existent, et le choix compte :
- OAuth « location » : la connexion agit sur un seul sous-compte. C'est le cas classique quand tu automatises le compte d'un client précis.
- OAuth « company » : la connexion agit au niveau de l'agence, utile quand un même scénario doit brasser plusieurs sous-comptes.
Un détail à connaître avant de te retrouver bloqué : le jeton d'accès OAuth de HighLevel expire toutes les 24 heures. Make le renouvelle tout seul grâce au jeton de rafraîchissement, tu n'as donc rien à faire. Mais si un jour tu bricoles une connexion à la main en dehors de Make et que tes appels renvoient une erreur 401, c'est presque toujours ça.
Les modules disponibles
D'après la documentation de l'app, voici ce que tu peux déclencher et exécuter directement, sans passer par du code :
| Famille | Modules (exemples) |
|---|---|
| Déclencheurs | Watch events (webhook), Watch contact updated, Watch opportunities (obsolète) |
| Contacts | Search contacts, Get / Create / Update / Delete a contact |
| Opportunités | List / Get / Create / Update / Delete an opportunity |
| Tâches | List / Get / Create / Update / Delete a task |
| Campagnes & notes | Add / Delete a contact to a campaign, Add a note to the contact |
| Passe-partout | Make an API call |
Le module Make an API call mérite qu'on s'y arrête : il te laisse appeler n'importe quel point de l'API v2 de HighLevel, même ceux qui n'ont pas encore de module dédié. C'est ta soupape de sécurité le jour où l'app officielle ne couvre pas exactement ton besoin : envoyer un SMS, créer un rendez-vous, déclencher un workflow. Tu perds le confort du glisser-déposer, mais tu gagnes l'accès complet.
Make ou les webhooks natifs de HighLevel ?
Avant de payer un outil de plus, pose-toi la question. HighLevel sait déjà envoyer et recevoir des webhooks tout seul : dans un workflow, l'action Webhook pousse les données d'un contact vers une URL externe, et le déclencheur Inbound Webhook réveille un workflow quand une app tierce lui envoie une requête. Pour une simple transmission de A vers B, ça suffit, c'est instantané et ça ne coûte rien de plus. On a détaillé cette mécanique dans notre guide sur les webhooks GoHighLevel.
Make devient intéressant quand il faut faire plus que transmettre : filtrer, transformer un format, router selon des conditions, agréger plusieurs sources, réessayer en cas d'échec, ou orchestrer trois ou quatre applications dans le même flux. Le webhook natif est un tuyau ; Make est une salle des machines.
Make ou Zapier ?
Zapier reste le nom le plus connu, et on lui a consacré un article à part. Voici les vraies différences pour un usage GoHighLevel :
| Critère | Make | Zapier |
|---|---|---|
| Construction | Scénarios visuels, branches et boucles | Zaps plutôt linéaires, plus simples |
| Facturation | À l'opération, souvent moins cher au volume | À la « task », plus lisible mais vite cher |
| Prise en main | Un peu plus technique | Plus grand public |
| Popularité en France | Très forte dans la communauté no-code | Forte aussi, plus historique |
Côté budget, Make facture chaque opération : chaque action d'un module consomme une unité (Make la nomme aussi « crédit », au même ratio). Au moment où nous écrivons, en juillet 2026, l'offre gratuite tourne autour de 1 000 unités par mois, deux scénarios actifs et un intervalle minimum de 15 minutes entre deux exécutions ; les offres payantes démarrent aux alentours de 9 $/mois en facturation annuelle, avec des scénarios illimités et un intervalle d'une minute (vérifie le tarif à jour, il bouge). Pour un débit modéré, un scénario bien pensé coûte quelques euros par mois, d'où sa réputation d'option économique.
Trois automatisations concrètes pour une agence
- Capturer les leads d'une source externe. Un formulaire hébergé ailleurs, une pub, un tableur : Make écoute la source, puis crée le contact et l'opportunité dans le bon sous-compte GoHighLevel. Le lead entre dans ton pipeline sans ressaisie. Pour les leads Facebook, HighLevel propose aussi une voie native — voir notre guide sur l'API Conversions Facebook.
- Diffuser un nouveau contact partout. Déclencheur « Watch contact updated », puis en une passe : une ligne ajoutée dans Google Sheets pour le reporting, une notification Slack ou Telegram à l'équipe commerciale, et pourquoi pas une fiche dans Notion. Un événement HighLevel, trois destinations.
- Brancher un outil que HighLevel n'intègre pas. Logiciel de facturation, agenda métier, ERP maison : si l'outil expose une API, Make fait le lien dans les deux sens, avec le module « Make an API call » côté HighLevel quand c'est nécessaire.
Les pièges à connaître
- Le quota d'opérations file vite. Chaque module exécuté compte. Un scénario bavard qui tourne toutes les minutes peut vider un forfait modeste en quelques jours : filtre en amont pour ne traiter que ce qui compte.
- Les doublons. Sans étape de vérification — chercher le contact avant de le créer — tu finis avec des fiches en double dans le CRM. Le module « Search contacts » est là pour ça.
- Le bon périmètre de connexion. Une connexion « location » ne voit qu'un sous-compte. Si tu gères plusieurs clients, prévois soit une connexion par sous-compte, soit une connexion « company » et un aiguillage par sous-compte dans le scénario.
- Les limites de l'API. HighLevel applique des limites de débit sur son API v2. Un scénario qui envoie des centaines d'appels d'un coup risque de se faire temporiser : espace les requêtes ou traite par lots.
- Le polling n'est pas le temps réel. Certains déclencheurs interrogent HighLevel à intervalle régulier (au minimum 15 minutes sur l'offre gratuite). Pour de l'instantané, privilégie le déclencheur « Watch events » basé sur webhook.
La bonne hiérarchie, pour une agence, tient en une phrase : reste natif tant que tu peux, sors vers Make quand tu dois. Les workflows HighLevel couvrent l'essentiel de l'automatisation interne ; les webhooks natifs gèrent les transmissions simples ; Make prend le relais dès que plusieurs applications entrent dans la danse. Le meilleur moyen de trancher, c'est de cartographier ton besoin réel sur un compte de test : l'essai gratuit de 14 jours suffit largement pour monter tes premiers workflows natifs et repérer précisément les endroits où un pont Make deviendra utile.